Le quotidien autopoetique

L’humain normal se soumet en silence du quotidien autopoietique, et invente un nouveau regarde par le détournement.
C’est de cette idée qu’est parti le CAPC pour l’exposition « l’invention du quotidien » en s’inspirant du livre homonyme de Michel de Certeau et Luce Giard.
Les artistes présents ont décidé de se servir d’objet, de situation, de révolte du quotidien pour mettre en avant l’urgence quant au changement du monde qui nous entourent. A travers différents medium, intentions, et prise de positions les artistes choisies par la commissaire d’exposition Sandra Patron, occupent l’étage principal du CAPC du 4 juillet 2025 au 4 janvier 2026.

Des fragments des œuvres de Wilfrid Almendra apparaissent tout on long de notre visite au CAPC. L’artiste franco-portugais, trouve son inspiration dans les matériaux provenant de l’écologie alternative. Il les  ransforme et crée une sensibilité lyrique autour de ces objets du quotidien. La sculpture Labor day se constitue de grande baie vitrée dressé debout légèrement opaque. Comme des vitres de salle de bain après une douche brulante. Nous retrouvons derrière ou au centre des vitres, des plantes fanées. La lumière qui passe à travers les vitres poreuses nous laisse deviner ce qui se trouve derrière malgré le coté nébuleux. En haut des vitres, un débardeur se languie, suspendu sans soin particulier mais qui garde malgré toute la présence de celui qui le portait. Wilfrid Almendra souhait incarné l’esprit du travailleur sensible, machinal, qui prend part malgré lui a des soucis environnementaux.
Wilfrid Almendra dira : « C’est une atmosphère fluide et intuitive, constituée (…) de matériaux voués à l’invisibilité, à la destruction ou à l’oubli. (…) Je veux fabriquer un espace dans un espace. Que l’extérieur rentre à l’intérieur. »

Wilfrid Almendra, Labor Day 2023

Dans un endroit plus obscur du CAPC, nous trouvons l’œuvre progressiste de Ruth Ewan. L’artiste Ecossaise travail autour d’archive portant un symbole politique engagé, remettant en question nos représentations canonique. Son installations A Judbox of people trying to change the world présente au CAPC, utilise la musique et la technologie comme supporte aux revendications. Dans l’ombre d’un coin, apparait une grande boite noire avec un écran lumineux au milieu, comme celle des bars des années 50. En fonction du numéro inscrit sur les différents boutons, une musique entre 2 000 titres se lance. Chacun d’entre eux on une  imension politique, utopique, historique. Ils sont tous rangés dans 70 catégories tel que le féminisme, la pauvreté, l’écologie. C’est alors que Ruth Ewan appuie ses revendications sur des musiques que nous avons tous pu déjà entendre sans en comprendre le sens. L’œuvre vient faire réagir le spectateur quant à leur passivité et leur sensibilité effacée par le quotidien.
C’est par des œuvres au premier abord simpliste et seulement esthétique, que les artistes provoquent chez ls visiteurs une remise en question subversive.

Ruth Ewan, a Judbox of people trying to change the world 2003